Télétravail : une pratique désormais solidement ancrée

Actualités

07/05/2026

cover

Publié en mars 2026, le rapport de l’Apec intitulé « Regard des cadres et des employeurs sur le télétravail » confirme une tendance forte : malgré quelques annonces très médiatisées de retour au bureau, le télétravail reste profondément installé dans les entreprises françaises. L’étude montre qu’il est devenu à la fois un levier d’attractivité pour les employeurs et un élément central de l’équilibre professionnel des cadres.

Un recul du télétravail très limité

Contrairement à l’idée d’un « backlash » généralisé, seules 9 % des entreprises ont réduit ou supprimé des jours de télétravail en 2025. Ce recul concerne surtout les TPE et PME, tandis que les grandes entreprises restent majoritairement stables sur leurs politiques hybrides. À l’inverse, 89 % des entreprises n’ont apporté aucun changement et 94 % prévoient de maintenir leur organisation actuelle en 2026.

L’étude souligne ainsi que le télétravail n’apparaît plus comme une mesure exceptionnelle héritée de la crise sanitaire, mais comme une composante durable du fonctionnement des entreprises.

Un outil de performance et d’attractivité

Les employeurs continuent de percevoir de nombreux bénéfices au télétravail. Parmi les entreprises qui le pratiquent, 45 % estiment qu’il améliore la productivité et 67 % considèrent qu’il favorise la qualité de vie au travail. Ces convictions sont encore plus fortes dans les grandes structures.

Le télétravail est également devenu un argument clé dans la guerre des talents. Les entreprises craignent qu’une réduction des jours autorisés nuise à leur attractivité : 38 % redoutent des difficultés de recrutement, 33 % anticipent une baisse de l’engagement des salariés et 23 % craignent des départs de collaborateurs.

Dans un contexte de marché de l’emploi plus tendu, le télétravail apparaît donc comme un avantage concurrentiel important pour fidéliser les cadres.

Des cadres très attachés au travail hybride

L’étude met en évidence un attachement particulièrement fort des cadres au télétravail. Près des trois quarts des télétravailleurs se déclareraient mécontents en cas de réduction des jours autorisés, et 80 % en cas de suppression totale. Plus marquant encore : près d’un cadre sur deux envisagerait de changer d’entreprise si le télétravail disparaissait.

Au-delà du confort personnel, les cadres associent désormais le télétravail à une certaine conception de leur statut professionnel : autonomie, liberté d’organisation et flexibilité. L’étude insiste sur le fait que cette capacité à gérer son temps et ses méthodes de travail constitue aujourd’hui l’un des « piliers de l’identité cadre ».

Vers un télétravail plus encadré

Si les entreprises ne prévoient pas majoritairement de réduire le nombre de jours télétravaillés, certaines envisagent toutefois de faire évoluer leurs modalités de gestion. Il faut s’attendre notamment à davantage de structuration : règles plus précises, délais de prévenance, validation managériale ou planification des jours à distance.

Aujourd’hui encore, une grande partie des cadres bénéficie d’une forte souplesse : 61 % peuvent modifier leurs jours de télétravail selon leurs missions, et près d’un sur deux peut adapter son organisation en cas d’imprévu sans validation hiérarchique.

Cette flexibilité est perçue comme un avantage majeur du travail hybride. Toute remise en cause de cette liberté pourrait donc devenir un sujet sensible dans les relations entre salariés et employeurs.

Une transformation durable du monde du travail

En filigrane, l’étude de l’Apec montre que le débat ne porte plus vraiment sur l’existence du télétravail, mais sur ses modalités d’application. Le modèle hybride semble désormais installé durablement dans les pratiques professionnelles françaises, notamment chez les cadres.

Les entreprises cherchent aujourd’hui un équilibre entre cohésion collective, efficacité opérationnelle et attentes de flexibilité des salariés. Quant aux cadres, ils considèrent de plus en plus le télétravail non comme un avantage ponctuel, mais comme une composante normale de leur vie professionnelle.

Téléchargez l'étude ci dessous